Couture, Fibre créative, Réflexions création éthique

Pour une couture responsable

cleo

Vous avez vu le reportage de Cash Investigation hier soir sur la culture du coton en Asie? Si ce n’est pas le cas, je vous conseille d’aller voir le replay sur internet. 
Pour vous la faire courte, le reportage aborde la question des conditions de travail des cultivateurs de coton en Ouzbékistan. Les reporters mettent en lumière le travail forcé pratiqué dans certains champs de coton du pays, ainsi que l’emploi de mineurs dans les usines de tissage de fil de coton et leurs conditions de travail déplorables. Leur enquête montre que des multinationales que nous connaissons bien chez nous comme Carrefour ou même Zara  par exemple achètent le coton fabriqué par ces personnes. Et là vous vous dites déjà que c’est honteux n’est-ce pas? Sauf qu’en fait ce n’est pas tout.

L’enquête montre aussi que la culture du coton bio recule dans ces pays pour laisser place au coton BCI (Better Cotton Initiative).
Le coton BCI est un coton cultivé à l’aide de pesticides et n’a de « better » que le nom alors que dans les magasins de prêt à porter il est présenté comme un label écofriendly. Une arnaque totale! Comme les contrôles sur la charte de production de ce coton sont moindres par rapport à ceux que les chartes « coton bio » exigent, et que le rendement est plus élevé du fait des pesticides utilisés pour le cultiver, les agriculteurs se tournent massivement vers le coton BCI, faisant ainsi chuter la production de coton bio dans le monde entier. De surcroît les usines BCI n’ont même pas obligation d’utiliser ce coton BCI soit-disant responsable dans la production de leurs vêtements. Ils peuvent donc tout à fait utiliser du coton ouzbek récolté par des enfants par exemple, et sans que cela ne puisse être tracé.

Lors de l’interview de la directrice de la BCI, on sentait le malaise sous les questions d’Elise Lucet. Toutes ces personnes de haut rang dans nos sociétés occidentales, qui font comme si elles n’étaient pas au courant des choses, c’est une honte. Comment à leur niveau de responsabilité pourraient-elles se permettre de ne pas être au courant?
Personnellement, ce reportage n’a fait que me conforter dans la résolution que j’ai prise il y a environ 3 ans maintenant de restreindre l’achat de mes vêtements dans les chaînes de prêt à porter. J’avais lu sur le site de Greenpeace que certaines marques étaient en passe de devenir écologiquement responsables, et H&M en faisait partie. Etant donné que cette marque achète du coton récolté par des enfants en Ouzbékistan, je peux dire que le socialement responsable n’est pas au rendez-vous et que mon opinion sur cette marque ne changera pas! N’oublions pas que dans la notion de développement durable il n’y a pas que le volet écologie qui compte, il y a aussi l’engagement social et économique des entreprises!

Alors vous allez me dire, quel rapport avec la couture? 

C’est vrai que je n’achète quasiment plus de vêtement dans le prêt à porter depuis que je couds. Mais il y a peu je me demandais aussi si mes choix de tissus étaient les bons. Un monsieur chez qui j’achète quasi exclusivement du tissu (ne citons pas son nom, lol) dit souvent que Mondial Tissu vend du chinois. Et si ce tissu en coton de chez MT était fabriqué avec du coton ouzbek? Et si on essayait de réduire notre impact carbone en achetant des tissus fabriqués en Europe et pas en Asie? Et si on essayait d’acheter moins mais mieux?
J’avoue que quand je vois que certaines personnes cousent 4 vêtements en une semaine, je me demande si l’essor de la couture depuis quelques années va dans le bon sens. Je ne veux juger personne, chacun fait ce qu’il veut, mais je crois vraiment qu’en tant que couturière amatrice ou pro on peut faire la différence et montrer qu’un autre modèle de consommation est possible concernant le textile. L’industrie textile est la 2ème plus polluante au monde après le pétrole, et les besoins en vêtements ne font qu’augmenter depuis une décennie au moins on dirait! Vous l’aurez compris, je suis contre la fast fashion, alors quelle cohérence y aurait-il avec cela si je cousais je ne sais combien de fringues par mois et que je cousais n’importe quelle matière? J’appelle à une réflexion individuelle et collective sur ce que nous achetons dans les magasins de tissu et les merceries.

Une copine me disait que malheureusement pour la couture de vêtement en tissu biologique le choix est encore très restreint au niveau des matières. On pense bien sûr à Fil Ethik et aux Trouvailles d’Amandine. C’est vrai qu’il y a peu d’offre et que l’offre existante n’est pas donnée, mais justement, pourquoi ne pas soutenir ces entreprises et ainsi essayer de leur donner les moyens de développer une offre supplémentaire mais qualitative?

Avec cet article, je cherche simplement à discuter d’un sujet qui me tient à coeur. J’avoue être décontenancée par le milieu des loisirs créatifs et de la couture en général depuis quelques temps. Je suis sûre que je ne suis pas la seule à penser que la couture peut devenir un moyen alternatif de mieux consommer et qu’il faut essayer d’aller le plus loin possible! Dites-moi ce que vous en pensez!

Je vous bise!

 

 

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11 réflexions au sujet de “Pour une couture responsable”

  1. Effectivement, on a aussi un rôle à jouer. Comme pour la consommation de vêtement, ne vaut il pas mieux moins coudre mais coudre « mieux », plus éthique. Et plus il y aura de demande de tissu éthique plus il y aura d’offre!

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  2. Bonjour, en fait c’est un paradoxe on a besoin de coton et le coton comme vous l’expliquez est fabriqué parfois d’une manière non éthique ( et un tas d’autres produits pas chers via l’exploitation humaine qui est une vrai honte pour notre civilisation soit disant évolué qui est obnubilé par l’argent et non par l’humain) le coton est acheté à un prix dérisoire aux fabricants des pays du tiers monde, et le coton n’est pas écologique il faut beaucoup d’eau pour le fabriquer, donc le coton ne sera jamais écologique, il faudrait remplacer le coton mais par quoi? il y a quelques années au Bangladesh il y a eue le drame du Rhana Plaza des ouvrières mortes ensevelies parce qu’elles travaillaient dans une usine non conforme les patrons le savaient et les entreprises européennes qui faisaient fabriqués leurs vêtements à MOINDRE COUT le savaient aussi…., l’argent compte plus que l’humain encore une fois. Il faudrait penser à recycler les vêtements, les mamans peuvent faire du troc pour les vêtements de leurs enfants, ne plus jeter les chutes de tissu, Il y a encore des journalistes qui font du bon travail d’investigation, c’est ça le vrai métier de journaliste informer sans rien cacher ni minimiser.

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    1. Oui le drame du Rhana Plazza c’est ça qui m’a fait un électrochoc et c’est peu après que J’ai décidé de limiter mes achats ds le prêt à porter à ce que je ne pouvais pas coudre tte seule! Heureusement que les journalistes font ce genre de reportage … ce n’est une fois qu’on sait on peut faire un vrai choix!

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  3. Je partage totalement ton point de vue. Même si je suis de celles qui cousent plus qu’un vêtement par mois, mais je sais que mes choix de tissus sont raisonnés et les modèles cousus proviennent d’un réel besoin dans ma garde-robe. J’essaie désormais de n’acheter que des tissus Oeko de petites marques émergentes avec une vraie éthique derrière. Quant au reste je vide mon stock et j’essaie aussi d’acheter des tissus à Emmaus ou de recycler ce que j’ai déjà chez moi! J’ai décidé de ne plus acheter de vêtement et de les faire moi-même cela s’accompagne aussi, progressivement, d’une réflexion sur mes achats de matériels, je réfléchis bien plus à mes réels besoins et non pas à mes envies d’achat suscitées par Instagram 😉 Il en va de même pour la laine, j’essaie de tricoter uniquement des fils « responsables » même si c’est un petit budget je dois l’avouer! En tout cas merci pour ton article que j’ai trouvé passionnant!
    Des bisous

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  4. Je découvre ton blog grâce à l’article de PIN’K’UP et je me retrouve complètement dans tes propos. Il y a quasiment maintenant 3 ans j’ai commencé mon blog de slow DIY. A la base je ne faisais que de l’upcycling mais lorsque l’on veut vraiment se coudre un vêtement bien particulier et ne pas en transformer un ça devient vite compliqué. J’ai utilisé principalement des tissus des Trouvailles d’Amandine mais l’offre reste limitée. J’aimerais beaucoup une boutique/site de tissus de seconde main mais pour l’instant mes recherches restent infructueuses. Si tu as des tuyaux, je suis preneuse.
    Bonne soirée

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  5. Consommer responsable c’est souvent tout un défi! il est super difficile de savoir d’où provient les produits qu’on consomme. Une partie de la solution consiste souvent à consommer moins et réutiliser au maximum les ressources. En faisant notre propre couture on peut également choisir des tissus de meilleurs qualité, nos vêtements maison durent beaucoup plus longtemps que ceux du prêt à porter à long terme cela à tout un impact. En plus ces tissus de bonnes qualités sont beaucoup plus faciles à travailler!

    J’ai mon site où j’offre des services de couturières mais j’ai aussi des articles de blog où j’aime discuté d’idées pour la récupération de tissu. Ça me ferait plus plaisir d’avoir vos opinions. https://johannecampbell.com/blog/

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    1. J’aime beaucoup votre blog Johanne et je suis très contente que vous soyez tombée sur le mien! Je trouve qu’on ne donne pas assez sa place à la retouche par rapport à la confection dans le monde de la couture et c’est dommage! Longue vie à nos vêtements!

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